Le paradoxe de mes poubelles

Le paradoxe de mes poubelles

Depuis le 1er juillet 2009, je dispose de deux conteneurs pour évacuer mes immondices.
[Le verre, le papier, les cartons, les PMC (bouteilles plastique, cannettes, barquettes
alu …) font l’objet de collectes sélectives en porte à porte tous les 15 jours.]  Un conteneur gris (sa couleur) de 40 litres, pour le tout venant, c’est à dire, en théorie tout ce qui n’est pas recyclable : petits pots en plastique, barquettes diverses, films plastique non recyclables, etc.

Un conteneur vert (sa couleur aussi) pour les déchets organiques : majoritairement les
épluchures des fruits et légumes, des déchets de jardins, et des restes de repas comme
des os, des arrêtes de poissons …

Pour ces deux conteneurs, j’ai un forfait annuel : 60 kilos (!) pour le conteneur gris et 30 kilos pour les déchets organiques, ainsi que 30 levées annuelles.  Chaque année, j’ai donc le DROIT, sans coût supplémentaire, de produire 90 kilos de déchets « gris » et « organiques ». En 2010, j’ai produit 26 kilos de « gris » et 90 kilos « d’organiques ». L’achat d’aliments frais, et en général, de produits emballés dans des emballages recyclables (papier, carton, verre, boîte de conserve) est un moyen très facile pour réduire la production de « gris ».

La volonté politique est bien entendu de réduire la production globale de déchets, on était pas loin  des 200 kilos par an et par habitant en Wallonie, avant le « plan déchets » mis en place il y a quelques années.

D’autres campagnes d’information, en fait quasi quotidiennement, nous invite à manger cinq portions de fruits et légumes par jour, et de préférence, frais (et bio si vous en avez la
possibilité). Je m’applique donc à manger tous les jours ou presque, des fruits et légumes
frais, dont les épluchures et les parties non consommées, entraînent de facto, une
production de déchets organiques.

Désireux d’aider les insectes pollinisateurs, j’ai aménagé un mini-jardin, très dense.
Il est aménagé pour que la floraison soit variée et la plus étalée au long de l’année. Il
produit beaucoup de végétation, que je dois éliminer une fois la floraison passée, afin de
permettre la floraison d’autres plantes. D’où nouvelle production de déchets verts …

Comment se fait il que j’ai le droit de produire 60 kilos de déchets plastique par an,
sachant qu’il n’y a aucune politique incitant à cette production, et seulement 30 kilos de
déchets organiques, alors que ma production de déchets organiques, est bonne pour ma santé [d’où économies (à long terme il est vrai) pour les finances de la santé publique) et pour l’environnement ??

Paradoxal non ?

Sachant aussi que les déchets verts collectés seront compostés par la société de collecte
et le compost revendu, pourquoi ne puis-je pas recevoir gratuitement une part de compost,
au prorata de ma production ?

Paradoxal non ?

Après un an d’utilisation des conteneurs, la production de déchets par habitant dans ma
commune a diminué de 40 %, mais la taxe sur les immondices n’a pas été revue à la baisse,
et je dois même payer mon surplus de déchets organiques, soit 3,6 euros pour 2010 !!

Paradoxal non ?
ah non, là c’est très certainement normal, … qui peut me l’expliquer au fait ?

This page as PDF

Ce contenu a été publié dans Observations. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

6 réponses à Le paradoxe de mes poubelles

  1. Grimbert Le Taisson dit :

    Notre commune nous fait payer une taxe forfaitaire de «gestion collective» (sic) qui correspond au vent qu’elle déplace!

  2. michel clémot dit :

    Je fait moi même mon compost et je refuserai du compost collectif tant que les jardiniers utiliseront des phytos, rien que sur les pelouses entre les engrais, ‘entimousse et le désherbant, ça me fait peur de retouver ça dans nos légumes.

    Michel

  3. Sophie Leballue dit :

    Si la logique et la santé publique (y compris celle de la terre) étaient la priorité du gouvernement ça se saurait!
    Et oui, ça coûte cher d’être un citoyen responsable, mais quel plaisir en retour! ☺

    Sophie

  4. CHAMPT dit :

    s’ils avaient pris les 90 kg comme un tout et pas scinder en deux tu n’aurais pas du payer de taxe supplémentaire. Pour une bonne commune comme la tienne, ils auraient du faire unn geste.
    Valérie

  5. marieanne.dethier dit :

    Les communes ont choisi ce système pour se débarrasser à bon compte, comme d’une patate chaude, de la problématique des déchets, sans faire de vraie étude préalable, sans aucune prise en compte de la « morphologie » des communes.

    Ce système à 2 conteneurs est difficile à vivre en commune urbaine, là où les logements sont bien différents des villas 4 façades avec grand jardin, double garage et donc avec possibilité d’entreposer facilement les conteneurs.

    N’a pas non plus été pris en compte le surcroit de travail pour les éboueurs qui sont obligés à plus de manipulations, dans des odeurs absolument pestilentielles. Comme les conteneurs sont surdimensionnés, les ordures datent parfois d’un mois…
    Ici, le lundi est devenu « jour des mouches ».

    A priori, ce système ne convient à personne.(Ici, pour 3 adultes, le conteneur vert reste vide!) Mais une vie en société implique certaines obligations et le partage des frais…
    Enfin, la production démesurée de déchets est mise en évidence et chacun se trouve obligé de réfléchir à ses choix de consommation. Ou pas.
    Boire de l’eau du robinet ou en bouteille, éviter les produits suremballés, fabriquer un compost…
    Les solutions existent, non?

    Et reste toujours la possibilité, comme d’aucuns l’ont compris, d’aller en catimini, déposer son petit sac d’ordures dans une poubelle publique ou au pied des « bulles à verre ».
    Ce sera toujours cela d’économisé.
    Car le principal désavantage de ce système , c’est la prolifération des dépôts clandestins; les ouvriers communaux déblaient, la commune évacue. Et paie…

    Pour ce qui est du contrat signé entre les communes et intradel, c’est une autre histoire !
    Car il se fait que c’est intradel qui a imposé ses conditions…

  6. Agnès dit :

    Bonjour,
    ici, ds l’Oise, je regarde les chiffres sur les déchets depuis plusieurs années : le traitement des déchets coûte plus cher que la taxe alors qu’elle augmente de 10 % par an – cette année bizarrement les camemberts sur les chiffres ont changé, on ne peut plus faire cette corrélation, sûrement que ces chiffres ne sont pas politiquement admissibles. Dès qu’on a un jardin, il est stupide de « donner » la richesse des matières organiques à un tiers, de + cette collecte coûte énormément cher : matos, salaires, frais d’entretien et gasoil, coût d’entrée en déchetterie (et oui la déchetterie gagne son argent par la pesée des matières organiques qui viennent chez elle, la vente du compost est « la cerise sur le gâteau » nous a expliqué un patron de composterie : ils ont aussi du gros matos avec des lames qui s’usent , des vols de matos, des salaires et aussi l’amortissement de l’installation ainsi que la location).
    Personnellement je fais du compost de surface (sert aussi de paillage) qui est d’abord mangé par mes poules. J’utilise aussi les cartons et papiers en « désherbant » ou paillage.
    Je pense que le recyclage est intéressant pour préserver en état une richesse issue du sol ou de la chimie mais que son traitement, pour l’instant, est plus cher que la création desdites matières (souvent ds le tiers monde et/ou ds des industries hyper rationalisées), l’intérêt réel étant surtout de donner du travail à nos concitoyens, de faire vivre l’économie du déchet.
    Le traitement des déchets et de l’eau coûte cher, j’ai choisi de réutiliser au maximum mes déchets plutôt que de les faire ramasser.
    Ici, en France, on est encore à l’âge de pierre sur ces questions et sur la responsabilisation individuelle, on n’en est même pas à la pesée qui me semble être le b-a-ba pour faire prendre conscience aux individus l’hérésie des déchets. Il y a aussi les solutions avec poules pondeuses mais les industriels des oeufs doivent mal voir ce genre de solutions, la volonté politique dépend aussi des électorats …
    Personnellement je jette une grande poubelle tous les 2 mois et j’ai 1 poubelle de plastiques recyclable tous les 2 mois, le verre je le porte dans les conteneurs.
    Je récupère le + possible les déchets de mes voisins : tontes, litières, autres déchets organiques et participe ainsi à abaisser le coûts de transport et de traitement de ces déchets, malheureusement les gens ne sont pas informés des mécanismes financiers des traitements des déchets et c logique si on veut les inciter à participer au recyclage.
    La réalité des coûts économiques est assez éloignée des raisonnements apparemment logiques : donner des matières compostables coûte bien plus cher que de les composter soi même, alors vouloir en plus qu’on vous en rende une partie …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *