Voyage en Roumanie 2018 – Jour 5

8 Septembre – Lacul Sinoe

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Après 3 jours en montagne, direction la mer Noire et ses nombreux lacs et lagunes, très riches en biodiversité.
Envol de pélicans

Flore de Lacul Siloé

  • Limonium sp.
  • Xanthium stumarium L. (?), Le Glouteron, invasive sur les bords de la Mer Noire

8 Septembre – Complexe archéologique d’Histria

Voyage en Roumanie 2018 – Jour 7

10 septembre – Monastère Celic Dere

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Le Monastère CeliC Dere, église orthodoxe, construit au milieu du XIXe siècle, conserve les reliques des premiers chrétiens martyrs. Il est entouré d'une ferme typique, d'un verger en fin de vie, d'un pâturage arboré (poirier sauvage ...) et au nord, d'une charmaie pauvre, manifestement vidée de ses gros arbres.  

10 septembre – Macin Mountains National Park

C'est clairement ma visite préférée de tout le voyage, et y revenir plusieurs jours au printemps ne serait pas pour me déplaire.

Choux de Bruxelles, chenilles, polistes et opilions : une chaîne alimentaire complète

Depuis 2016, je réserve deux ou trois jardinières à la culture de légumes.  Pas tellement pour récolter quelques kilos de ma propre production, mais plutôt dans l’idée d’attirer des insectes que je ne pourrais pas observer sur les fleurs de mon petit jardin.

Ainsi donc, en mai 2016, 6 plants de haricots et 3 de choux de Bruxelles trouvent place dans une jardinière. Et je n’interviens en rien dans la culture … jusqu’à la détection à la mi-juillet, de la ponte d’un papillon abonné aux choux, le bien nommé Piéride du chou.  La ponte est groupée sous les feuilles des plantes hôtes. Je compte une soixantaine d’œufs. L’éclosion a lieu 4-5 jours plus tard, et peu après, les jeunes chenilles se regroupent, et s’en prennent à la partie superficielle du feuillage, la plus tendre, laissant à la place, un “film” translucide.

A partir du deuxième stade larvaire, elles commencent à se disperser, et forment de petits groupes de 4-5 unités, les chenilles étant alors capables de perforer et dévorer le feuillage dans toute son épaisseur. Les dégâts sont à la mesure de la taille des chenilles, mais aussi de leur nombre, et dans les cas extrêmes il ne reste bien souvent que les grosses nervures des feuilles attaquées.

Vers le 21 juillet, deux récoltes très correctes de haricots “beurre” … Les choux de Bruxelles, par contre, ne poussent guère, et même si c’est un légume du début d’automne, j’élimine manuellement 3/4 des chenilles … d’autant que j’ai repéré un précieux allié, présent depuis 10 ans dans mon jardin : le Poliste gaulois. J’ai déjà présenté cette guêpe sociale, en expansion, à plusieurs reprises, en août 2016, sur un autre blog, et sur Natura’Liste. Pour nourrir leurs larves, les ouvrières capturent différentes proies, dont des chenilles, qui sont promptement découpées façon “rôti” et emportées vers le nid.

Le 31 juillet, en début de nuit, j’ai eu la chance d’observer un deuxième allié, que je n’imaginais pas prédateur de chenilles : l’Opilion. Appelés aussi “Faucheux“, ils ressemblent à des araignées, aux pattes démesurées, et au corps non divisé (à la différence des araignées).  Un escadron de 3 chasseurs nocturnes faisait un vrai carnage parmi les chenilles, les découpant et emportant (j’imagine …) les meilleurs morceaux pour aller les manger à l’abri.

Avec de tels alliés, et même si j’avais bien repéré 2 ou 3 œufs isolés d’une autre Piéride, la Piéride du navet … je pensais mes choux tirés d’affaire.  Hélas … cette deuxième attaque allait leur être fatale : plus de 20 chenilles vertes, bien cachées, se sont entendues pour terminer le travail commencé deux mois plus tôt par leurs cousines vert jaune. Et cette fois-ci, aucune prédateur à l’horizon, comme cette minuscule guêpe observée en juillet 2010.

 

Heriades truncorum … Si commune et si peu connue …

Heriades truncorum (Linnaeus, 1758) Hyménoptère,  Apocrita-aculeata, Apidae, Megachillinae

Heriades truncorum est une petite abeille très commune, mais qui vous est sans doute inconnue.  C’est une abeille au corps cylindrique, assez peu velu, dont la femelle mesure entre 7 et 8 mm de long, et le mâle entre 6 et 7 mm. Son abdomen porte de très minces bandes de poils blancs. La femelle se caractérise aussi par une brosse ventrale (pour la collecte du pollen) de couleur brun-jaune.

C’est une abeille solitaire, sans comportement social, très active quand le ciel est dégagé. Je la rencontre dans mon jardin  entre juin et septembre.  Elle apprécie les milieux ouverts. Elle récolte pollen et nectar exclusivement sur les Astéracées (la famille botanique qui comprend notamment les marguerites).

Sa reproduction très faible, environ 8 œufs par femelle et par an.  Les mâles sont très actifs, pendant plus d’un mois; ils visitent brièvement un peu tous les trous de petite taille susceptible d’abriter une femelle. Ils sont tellement pressants qu’il leur arrive même d’extraire carrément une femelle dont l’arrière apparaît à la sortie d’un nid (tige creuse, bambou …).

La femelle construit des nids linéaires dans le bois mort ou dans les tiges creuses (ronces surtout), voire dans les gîtes artificiels,  dont le diamètre est généralement de 3 à 4 mm, mais en cas de crise du logement, courageusement (!), la femelle s’affaire à reboucher des nids qui peuvent avoir 8 à  9 mm de diamètre.

Elle aménage de petites loges dans les nids (dans lesquels elle dépose le pollen) qu’elle isole avec de la résine. Le bouchon du nid est aussi fait de ce matériau. Le bouchon final est de plus recouvert de petits cailloux en guise de camouflage et probablement comme rempart contre les infractions.

Le 14 juillet 2008, j'ai eu la chance de pouvoir observer la mise en place des petits cailloux sur le bouchon final. Le diamètre de ce nid est légèrement inférieur à 3 mm. La première photo montre le bouchon final en résine. Il est 15h06. La dernière photo a été prise à 15h15.

 

A proximité des nids, il semble y avoir un “stock” de résine, dont l’origine m’est inconnue. Dans mon jardin, elles profitent de différents trous dans le bois de hêtre d’un nichoir artificiel et les différents nids sont très proches. Ce qui semble provoquer quelques “conflits de voisinage” assez énergiques. S’agit il d’intimidation, de vols de nectar ou de résine entre voisines, de tentatives d’accouplements …

La Galéruque de l’aulne

Agelastica alni (Linnaeus, 1758) Coléoptère,  Chrysomelidae, Galerucinae

La Galéruque de l’aulne  est une espèce très commune d’insecte coléoptère appartenant à la famille des Chrysomelidae,  et qui peut se rencontrer en grand nombre. Une telle pullulation peut occasionner des dégâts importants sur ses plantes hôtes, des aulnes, l’aulne glutineux (Alnus glutinosusa) et l’aulne blanc (Alnus incana), où les larves dévorent les feuilles.

L’adulte mesure entre 8 et 10 mm; on le rencontre habituellement au mois de mai.

Sans être véritablement grégaire cet insecte vit plus ou moins en “colonies” d’où le côté parfois spectaculaire de ses dégâts. Les jeunes Aulnes sont particulièrement touchés, mais les plus âgés ne sont pas dédaignés pour autant , les pousses de l’année ayant la tendreté voulue.

Les attaques se traduisent par des perforations plus ou moins nombreuses et étendues, certaines feuilles pouvant déjà prendre des allures de véritables passoires.  Dès le début Juin les pontes  succèdent aux accouplements, et comme souvent elles sont déposées au verso des feuilles, d’où une protection efficace contre les intempéries, et le cas échéant contre une trop forte insolation.

L’Andrène fauve

Andrena fulva (Müller, 1766) Hyménoptère,  Apidae , Andrenidae

L’Andrène fauve est une autre andrène printanière, visible en Belgique, de mars à mai. Elle mesure 12 à 13 mm.

Avec son corps de bourdon, à longue pilosité rousse sur tout le dos, mais noir foncé sur la face ventrale, il est  impossible de la confondre avec une autre.

C’est une espèce non exigeante. Dans les jardins, elle butine volontiers les groseilliers rouges ou à maquereau. Nidifie dans le sol en bourgade parfois importantes.

Surtout dans les jardins, parcs et bois clairs, aussi dans les gravières et sur les pelouses sèches.

Andrena clarkella

Andrena clarkella (Kirby 1802), Hyménoptère, Apidae , Andrenidae

Avec les premiers beaux jours du printemps, reviennent les abeilles solitaires. Une des premières Andrènes, est Andrena clarkella, qui est visible de mars à mai en Belgique. Elle mesure de 13 à 15 mm.

C’est une abeille oligolectique sur les Saules, ce qui signifie qu’elle (la femelle en tout cas) butine de manière spécialisée un seul type de pollen, typiquement un seul genre de plantes à fleur. On la rencontre dans les bois ouverts et les landes.

La femelle a un abdomen noir densément poilu (surtout sur tergites 1 et 2); les tibias et les basitarses 3 sont jaune-orangé (mais cette couleur est souvent cachée par le pollen qui couvre ses pattes postérieures).

Elle creuse son nid dans le sol , soit en petites grappes (par exemple, entre les racines d’un grand arbre) ou dans des agrégations étendues et denses au niveau du sol, et aussi sur des sols en pente.

Heterogaster urticae : la punaise de l’Ortie

Heterogaster urticae (Fabricius 1775) Hémiptère (Hétéroptère), Lygaeidae

La pullulation d’insectes a toujours à mes yeux, un caractère quelque peu mystérieux : comment expliquer l’apparition en un même lieu, souvent restreint (de l’ordre du m²), en une très courte période, de tant d’individus, qui cohabitent les uns sur les autres ?

La dernière pullulation, c’est sur l’Ortie que je l’ai observée, cette plante qui récompense bien souvent l’entomologiste tellement son cortège d’insectes (y compris parasites et prédateurs) est vaste.

Elle était le fait de la Punaise de l’Ortie … la bien nommée ! Des milliers d’individus, à tous les stades larvaires, ou adultes, agglutinés sur quelques pieds d’orties, en bord de chemin.

C’est une petite punaise brun-noir (7 – 8 mm), de forme ovale, au régime polyphage qui consomme à la fois des proies et la sève des orties.

Dinocampus coccinellae … un parasitoïde de la coccinelle

Dinocampus coccinellae (Schrank, 1802), Hyménoptère, Braconidé

Lors d’un passage dans une serre de culture, à la recherche des ravageurs, j’ai été attiré par une coccinelle qui ne bougeait pas (plus). En m’approchant, à la vue du cocon “attaché” à cette coccinelle, la cause était entendue : elle est parasitée.

J’avais déjà pu observer ce genre de cocon en forêt, à Ferrières, en 2012. Là aussi, ce parasitoïde (de chenilles) était une micro guêpe (2 – 3 mm) de la famille des Braconidés. Ψ

Ayant récolté coccinelle et cocon, j’ai pu récupérer l’imago issu du cocon. Sur la 4e photo, on voit clairement l’ouverture du cocon par laquelle l’adulte est sorti.

Cycle de vie (Wikipédia)

D’abord la femelle parasitoïde recherche une coccinelle adulte, préférablement une femelle et s’approche de son hôte : elle lui pénètre l’exosquelette à l’aide de son ovipositeur modifié. Elle déposera son œuf à l’intérieur de la coccinelle. L’éclosion se produit après 5 à 7 jours. La larve qui possède de grandes mandibules s’alimentera d’abord des œufs de la coccinelle. Par la suite, elle dévorera les corps gras ou les gonades de celle-ci.

Le développement larvaire prend de 18 à 27 jours. Lors de cette étape, la larve passera par 4 stades larvaires. Pendant ce temps, la coccinelle parasitée continue à s’alimenter jusqu’à l’émergence de la larve. Quand le moment est venu de se chrysalider, la larve paralyse son hôte et émerge de celui-ci. Il tissera un cocon entre les pattes de la coccinelle vivante. La coloration vive ou contrastante de l’hôte envoie un message d’avertissement (aposématisme) au prédateur et le cocon en bénéficie.

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Répartition en région Wallonne

La découverte de ces micro guêpes est fortuite (en ce qui me concerne en tout cas) et leur répartition est bien entendu mal ou pas connue. Cependant, la carte de répartition du DEMNA (dernière image) indique que d’autres observations ont été faites en 2012 / 2014, à quelques kilomètres de ma propre observation.