L’Hellébore fétide

J’ai déjà expliqué sur ce blog, l’importance d’offrir une floraison la plus étendue possible  afin de rencontrer les besoins des insectes tout au long de l’année. En Janvier, peu d’insectes bien sur ! mais cela n’empêche pas de planter l’une ou l’autre plante dont la floraison arriver en plein hiver, quand il est doux, comme c’est le cas cette année (2012).

Parmi ces plantes, l’Hellébore fétide (Helleborus foetidus) , plante indigène des sols calcaires, au parfum prononcé. Celle que j’ai trouvée en jardinerie, sans indication de variété précise, est dépourvue de l’odeur fétide qui la caractérise.  Le nom de genre, Helleborus , désigne une espèce, H. orientalis, connue comme remède contre la folie. Nous nous garderons bien de la consommer sous quelque forme que ce soit : c’est une Renonculacée, vaste famille de plantes (environ 2000 espèces, surtout de l’hémisphère Nord),  aux propriétés actives multiples, mais de nombreuses espèces de cette famille sont vénéneuses.

L’Hellébore fétide atteint 30 à 80 cm et  fleurit de janvier à mai; cet hiver (2011-2012) étant particulièrement doux, les premières fleurs sont apparues dès la fin décembre. C’est une plante mellifère, pollinisée par les insectes, dont l’abeille solitaire Anthophora plumipes, une des plus précoces, que j’ai observée plus d’une fois butiner l’Hellébore,  mais plutôt vers la mi-mars.

Hellébore fétide sous le gel Hellébore fétide - floraison Hellébore fétide - floraison Hellébore fétide - graines Hellébore fétide - RN du Pierreux (mars 2003) Hellébore fétide - détail de la fleur Hellébore fétide - détail de la fleur Hellébore fétide - feuille Anthophora plumipes mâle
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Hellébore fétide - RN du Pierreux (mars 2003)

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5 réponses à L’Hellébore fétide

  1. Losson Bertrand dit :

    Merci Jean-Marc. Je prends toujours beaucoup de plaisir à te lire et à regarder les belle images.
    Bien à toi,

    Bertrand

  2. Dalgan dit :

    Bonjour,
    je suis toujours émerveiller de voir la richesse de vos reportage, je vous suis depuis qq. années, et je constate que vos connaissances sont toujours au top, et que l’envie de recherche permanente ne faibli jamais, bonne et heureuse continuation pour 2012.
    Dziękuję za historie i Szczęśliwego Nowego Roku..Jean Dalgan

  3. Philippe Destinay dit :

    Bonjour.

    A signaler aussi Helleborus niger (Rose de Noël …encore un nom vernaculaire qui peut prêter à confusion!). Ce n’est pas une espèce indigène mais elle est souvent présente dans les jardineries. C’est une jolie Hellébore à fleurs blanches ou rosées et à floraison hivernale. Elle est présente dans le jardin de plantes médicinales dans le jardin botanique rue Fusch (en face de la MLE)

    Encore bravo pour cette lettre d’information !

  4. Angèle Lovinfosse dit :

    Bonjour Monsieur Michalowski,

    C’est toujours avec beaucoup d’intérêt que je lis votre lettre d’information.
    Aujourd’hui, l’hellébore m’a particulièrement interpellée.
    Je crois que vous connaissez le livre que j’ai écrit en 2004 et qui s’intitule « Au temps des jardins d’antan ».
    Je suis allée relire ce que je disais de l’hellébore : (Je rappelle que mon livre n’est pas un livre de botanique)
    Bien amicalement,

    Angèle Lovinfosse
    Cheneux- La Gleize

    L’HELLÉBORE

    Ma commère, il faut vous purger
    Avec quatre grains d’helléb
    Jean de la Fontaine, Le lièvre et la tortue.

    Noms populaires :
    Rose de Noël, rose d’hiver, hellébore noir, racine noire du Christ, herbe aux fous, herbe à feu.
    L’hellébore fétide : pied de griffon, rose de serpent, manger à couleuvre, herbe aux bœufs, herbe de saint Antoine, pas de lion, patte d’ours, parménie, marfourée.
    Noms wallons :
    Rôse du Noyé (Malmédy) ; rôse du Nowé (ouest-wallon).
    L’hellébore vert est appelé :
    Jèbe di feû, parce qu’on a cru longtemps que c’était un poison qui brûlait intérieurement comme un feu, dès grins d’feû ; oûy di macrale (Comblain) ; oûy di diâle (Namur) ; rècène du hinse (Malmédy).
    « Lu hinse » est une inflammation du pis de la vache qu’on traitait avec la racine d’hellébore cuite dans l’eau. La plante guérissait également le rouget ou maladie du feu des cochons.
    Originaire de Turquie, cette plante vivace rustique, de la famille des renonculacées a des fleurs penchées blanc pâle lavé de rose. C’est une des rares plantes à s’épanouir en plein hiver au jardin. Le robuste feuillage persistant, vert foncé est denté au sommet.
    À la suite de croisement entre plusieurs espèces, on a obtenu plusieurs coloris : blanc, blanc rosé, rose teinté de gris, mauve presque noir, vert clair et vert plus foncé.
    L’ hellébore vert a été cultivé au Moyen Âge et est redevenu sauvage. Il porte uniquement deux feuilles divisées palmées à la base des pédoncules floraux.
    Une variété sauvage, l’hellébore fétide a une tige entièrement feuillue et des fleurs en clochettes pendantes vert clair bordées de rouge, réunies en panicule. Il affectionne les escarpements calcaires. Une belle colonie s’étend sur le talus que surplombe le viaduc de Remouchamps. On en rencontre également sur les rochers le long de l’ Ourthe vers Esneux.
    Toutes les parties de la plante sont toxiques.
    On prête à l’hellébore noir de curieux pouvoirs :
    On chuchote qu’il repousse les mauvais esprits ; que pour se rendre invisible, il faut semer de la poudre de ses racines sous ses pas et que sa graine ressusciterait les scorpions.
    Il symbolise le bon sens, mais aussi la folie, la manie et le faux bel esprit.
    Dans le langage des fleurs, il signifie : Calomnie.
    Dans le calendrier républicain, le 11 pluviôse (30 janvier) était le jour de l’hellébore.
    La racine possède des propriétés purgatives très violentes.
    Hippocrate (460-377 av. J.-C.), le plus grand médecin de l’Antiquité, soigne la « bile noire », source de diverses maladies, dont la mélancolie et la folie furieuse, avec l’hellébore.
    Son action sur le cerveau était si bien établie chez les Grecs, que certains philosophes s’administraient ce végétal pour développer leurs facultés intellectuelles.
    Les druides la croyaient propre à guérir les maladies mentales et la folie.
    C’est pourquoi dans la fable de Jean de La Fontaine « Le lièvre et la tortue », le lièvre conseille à la tortue, à propos de sa folle gageure, de se purger avec quatre grains d’hellébore.
    Souvent notre bon sens malgré nous s’évapore,
    Et nous aurions besoin tous d’un grain d’hellébore.

  5. Yves Pauplin dit :

    Encore un petit reportage intéressant.
    Les fleurs d’H. foetidus sont en effet courbées vers le bas, comme si la plante souffrait de sécheresse ou d’une quelconque faiblesse. Mais cette courbure est active, cas si l’on retourne la tige, elles continuent d’être courbées, vers le haut cette fois. On ne peut s’empêcher de penser que c’est un moyen de préserver étamines et carpelles des intempéries (très fréquentes dans les pays tempérés…)
    Bonne continuation !

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